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Hyousa

 

Titre : Seirios
Référence :
PHOX-100007

Date : 2009.02.27
Durée :
 53' 18"
Morceaux : 11
Prix :
3.000 yens

Éditeur : Phoerix Records

Paroles : Rurutia

Musiques : Rurutia

Arrangements  : Rurutia & Taka Satoh

Photo : Ryouji Oonishi

Production : Rurutia

 

Opus

Le sixième album de Rurutia est finalement sorti début 2009, plus de 2 ans après Chorion. Cependant, entre-temps Rurutia n’est pas restée inactive puisqu’elle a sorti deux mini-albums, [Opus] et [Hyousa]. En effet, Rurutia semble avoir boudé le format single au profit de celui du mini-album. Une très bonne idée, car en plus de contenir les 2 ou 3 inédits qu’aurait contenu un single, ces mini-albums nous offrent des bonus intéressants comme des nouvelles versions d’anciens titres et des versions music box remplaçant la classique version karaoké. Le seul inconvénient de ce nouveau format est qu’il allonge le temps entre deux sorties… un mal pour un bien ?

Le nouvel album s’intitule « Serios » (du Grec Sirius, qui signifie "ardent") ; il s'agit du nom de l’étoile principale de la constellation du Grand Chien, qui est, après le soleil, l'étoile la plus incandescente visible depuis la Terre. On reste dans l’univers de l’artiste qui ne nous surprend pas avec ce titre mystico stylé (ou très ringard, à choix). L’album compile les 5 chansons inédites des deux mini-albums, à savoir : [Opus], [Ryukou], [Hoshi to Hane], [Hyousa] et [Muyuu Uta], ainsi qu’un total de 6 inédits, offrant un ensemble plutôt alléchant. Cet album est également le plus long de sa carrière (si l’on exclut les versions karaoké de Chorion). Pour en finir avec le descriptif, la cover est encore une fois très esthétique, dans la continuité de l’univers de Rurutia. Après un Chorion irrégulier, Rurutia a-t-elle redressé la barre ?

Piste 1, [Serios] Comme toujours, la première chanson ouvre l’album avec brio, et Rurutia nous fait entrer directement dans son univers avec ce titre qui, pour la première fois, porte le même nom que l’album. Dès les premières secondes, on s’aperçoit que Rurutia a changé de matériel de production, nous offrant ainsi un son plus travaillé, plus électro, délaissant le coté pop/rock des albums précédents. La composition est très efficace, le refrain est excitant et entraînant. Cette superbe chanson résume si bien l’univers de Rurutia, que s’il fallait n’en garder qu’une, on opterait sans aucun doute pour ce titre. Les seuls petits bémols que l’on pourrait reprocher à cette chanson sont la sensation d’inachevé que donne le fondu final, ainsi qu’une créativité tout de même à la baisse par rapport à un [Abintra].

Piste 2, [Silent Prayer] Deuxième titre inédit, il confirme la nouvelle optique prise par Rurutia pour ce nouvel album. Il s’agit d’un titre pop/électro très planant, saturé de sonorités en tout genre et mariant formidablement violons synthétiques et de très nombreuses percussions électro. Ici encore, point de guitare électrique ni acoustique, Rurutia accentue son coté mystique par des sons plus avant-gardistes. Cette chanson très réussie marque l’évolution du style de l’artiste. Je lui reprocherais juste un refrain un peu en deçà des couplets qui sont eux très réussis, problème que l’on retrouve aussi sur le titre [Signal] de l’album
[Meme].

Piste 3, [Opus] C’est avec plaisir que l’on retrouve ce titre sorti deux ans plus tôt. Il s’agit d’un air pop et entraînant reposant sur une composition bien rodée et efficace. Rien de bien nouveau sur ce point, mais l’on remarque une légère évolution depuis
[Chorion], notamment au niveau des arrangements. Là où précédemment présidait une percussion type batterie inélégante qui rythmait toute la chanson, l’on trouve ici une discrète percussion électro, à la limite de la basse qui donne de l’ampleur et ne nuit pas à la mélodie. Cette ampleur est renforcée par de nombreux violons samplés, discrets et efficaces, ainsi que par la présence d’un piano sur les couplets, chose plutôt rare chez Rurutia sur ce type de chanson. Un mot sur le passage instrumental, comme toujours magnifique et inattendu, où les arrangements se réduisent alors à un clavier et une discrète percussion électro… émouvant et réussi. Cette chanson prend sa place avec cohérence sur cet album pour le moment plutôt efficace.

Piste 4, [Aurora Hikou] voici la troisième chanson inédite de cet album. Il s’agit d’une grandiloquente et sombre ballade à l’univers très marqué. Les arrangements y sont excellents et plutôt originaux pour Rurutia, son nouveau synthé aux samples inédits s’en démarque franchement. Cette débauche d’arrangements donne une ambiance unique et très spécifique à l’univers de Rurutia. Mais… le problème majeur de ce titre est la pauvreté de la composition… En effet, elle manque d’efficacité, de mélodie et les enchaînements sont parfois trop surfaits, voir pas très agréables. Dommage, vu la qualité des arrangements ! Rurutia a-t-elle mis le paquet dans les arrangements pour masquer une composition fragile ? C’est fort possible. Cependant cette chanson marque l’album grâce à son ambiance intéressante et un final excellent.

Piste 5, [Ryukou] On retrouve avec joie ce titre qui, d’une part, tranche avec la chanson précédent par son efficacité redoutable, puis marque un retour vers une chanson pop/rock/électro. Après une intro à violons qui rappelle le style oriental, on entend des couplets arrangés avec uniquement une percussion électro et une basse. L’effet est intéressant et nouveau pour Rurutia. Quant au refrain, il compense avec une débauche de guitare électrique, de violons et de chœurs qui se mélangent à des percussions graves. Ce titre est d’une efficacité à toute épreuve grâce à son refrain fort et entraînant. Bref une grande réussite !

Piste 6, [Muyuu Uta], Cette ballade m’avait un peu déçu lors de sa sortie dans le mini-album [
Hyousa], cependant, la composition reste un peu ringarde et semble avoir été entendue des millions de fois ; le ton est joyeux et simpliste. Les arrangements ne sauvent pas l’ensemble, puisqu’on retrouve un clavier, des violons, une guitare et une affreuse percussion qui, alourdissant l’ensemble, gâche la mélodie de toute façon trop faible. Pourtant, elle prend place dans cet album avec cohérence et après plusieurs écoutes, devient presque sympathique. Pas indispensable, mais finalement agréable.

Piste 7, [LAST DAY], Cette nouvelle chanson inédite commence très mal, son introduction est abominable ! Je pèse mes mots… C’est affreusement cheap, mal fait et dissonant… Mais heureusement que le reste du titre est charmant ! En effet il s’agit d’un titre pop/rock très agréable, bien composé et arrangé avec simplicité mais qualité (clavier, batterie, violon). On sent que sur cette partie de l’album Rurutia abandonne le coté mystique pour des chansons plus classiques, plus légères et allègres. Finalement, malgré son intro horripilante, ce titre est une petite perle d’efficacité. Un bon Rurutia.

Piste 8, [Hyousa] Tout a déjà été dit sur cette superbe ballade. Elle commence par des chœurs sur un clavier ; puis, la chanson s’installe, très douce, avec une discrète guitare et des violons samplés. Passé le premier couplet, le refrain peut surprendre. Il créé d’une part une cassure avec le reste de la chanson ; d’autre part, il est arrangé avec une percussion plutôt inutile. Le schéma d’opposition rythmique se répète par la suite avec un refrain saturé d’arrangements, alors que les couplets restent doux et simples. La chanson est assez courte et ne laisse pas le temps à l’ennui de s’installer. Elle se termine sur les même chorus qu’au commencement. C’est au final une très jolie ballade qui garde le style de Rurutia tout en souffrant malheureusement d’un refrain inutilement alourdi.

Piste 9, [Yume Hotaru] Cette chanson un est un peu particulière : elle hésite sans cesse entre le pop/rock et le mystico électro de Rurutia. Les arrangements varient étonnamment entre les couplets et les refrains… A force d’affirmer son style, cette chanson finit par devenir un brouhaha décousu de sonorités dissonantes. Malgré sa composition un peu poussive, Rurutia ne sauve pas ce titre de l’ennui. Il paraît bien fade comparé au reste, malgré quelques bons passages. Dommage.

Piste 10, [VOID] Il y a du laisser-aller sur cette fin d’album… En effet cette longue chanson est d’un ennui mortel ! Elle ressemble à l’excellent titre [Shine], avec des arrangements plus stylés mais une composition brouillonne qui manque cruellement de cohérence et d’efficacité. De plus, l’interprétation dans les aigus de notre amie est rapidement énervante… C’est bien dommage car ce titre possède un univers intéressant et des arrangements plutôt intéressant à base de nappe et de sons divers et variés… Il s’agit pour moi de la chanson la moins agréable de l’album.

Piste 11, [Hoshi to Hane] Ce titre final laisse place à la musique plutôt qu’au chant. Cette chanson est surprenante, Rurutia y chante un air avec de l’écho sur des arrangements aériens, mêlant petites percussions et synthé pour donner une ambiance cosmos rappelant la très belle chanson [Jiezru] de l’album [
Promised Land]. Puis, au beau milieu de la chanson, on assiste soudain à un long passage instrumental au piano, avec un grésillement comme un vieux film ou un vinyle ; ce passage est vraiment beau et émouvant. Enfin, le retour de la partie chantée referme cette piste dans un tourbillon d’écho et de sonorité, se terminant sur un long fondu d’une sourde percussion qui s’éloigne… Sublime. Oui, mais c’est vraiment dommage que cette chanson ne soit pas inédite et gâche ainsi la découverte des finales toujours grandiose des albums de Rurutia. On a eu le même problème sur [Chorion]. Il aurait été plus judicieux que ce titre ne soit pas présent sur le mini album [Opus]… Malgré tout ce titre reste une excellente chanson de clôture.
 

BILAN :


Pour conclure, ce sixième opus de Rurutia est clairement bon et cohérant. L’on y retrouve l’univers de l’artiste et quelques petites nouveautés appréciables, en particulier des arrangements nouvellement explorés. Les chansons s’enchaînent avec logique et sont suffisamment variées pour éviter l’ennui. Je pense que cet album est meilleur que [
Chorion] et prend place dans la continuité de l’artiste qui progresse doucement mais sûrement. Cependant, on sent que Rurutia n’est pas encore très à l’aise avec son nouveau synthé et est encore au stage des expérimentations, ce qui laisse envisager le meilleur pour la suite. J’espère que Rurutia travaillera plus ses compositions pour son prochain album et ne les compensera pas par une débauche excessive d’arrangements qui au final aggrave plus la pauvreté de certaines mélodies qu’elle ne les améliore. Malgré quelques petites faiblesses, cet album est à posséder pour les fans et constitue un intéressant point de départ pour les néophytes. Concernant l’avenir, l’attente d’une nouvel sortie de Rurutia risque d’être plus longue que prévu (8 à 10 mois habituellement) car Rurutia m’a confié avoir énormément travaillé sur cet album et ça n’a pas été facile. Elle prendra donc des vacances bien méritées pour revenir en forme. N’espérez pas entendre parler d’elle avant 2010 !


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