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Le
sixième album de Rurutia est
finalement sorti début 2009, plus de
2 ans après Chorion. Cependant,
entre-temps Rurutia n’est pas restée
inactive puisqu’elle a sorti deux
mini-albums, [Opus]
et
[Hyousa].
En effet, Rurutia semble avoir boudé
le format single au profit de celui
du mini-album. Une très bonne idée,
car en plus de contenir les 2 ou 3
inédits qu’aurait contenu un single,
ces mini-albums nous offrent des
bonus intéressants comme des
nouvelles versions d’anciens titres
et des versions music box remplaçant
la classique version karaoké. Le
seul inconvénient de ce nouveau
format est qu’il allonge le temps
entre deux sorties… un mal pour un
bien ?
Le nouvel album s’intitule «
Serios » (du Grec Sirius, qui
signifie "ardent") ; il s'agit du
nom de l’étoile principale de la
constellation du Grand Chien, qui
est, après le soleil, l'étoile la
plus incandescente visible depuis la
Terre. On reste dans l’univers de
l’artiste qui ne nous surprend pas
avec ce titre mystico stylé (ou très
ringard, à choix). L’album compile
les 5 chansons inédites des deux
mini-albums, à savoir : [Opus],
[Ryukou], [Hoshi to Hane],
[Hyousa] et [Muyuu Uta],
ainsi qu’un total de 6 inédits,
offrant un ensemble plutôt
alléchant. Cet album est également
le plus long de sa carrière (si l’on
exclut les versions karaoké de
Chorion). Pour en finir avec le
descriptif, la cover est encore une
fois très esthétique, dans la
continuité de l’univers de Rurutia.
Après un Chorion irrégulier, Rurutia
a-t-elle redressé la barre ?
Piste 1, [Serios] Comme
toujours, la première chanson ouvre
l’album avec brio, et Rurutia nous
fait entrer directement dans son
univers avec ce titre qui, pour la
première fois, porte le même nom que
l’album. Dès les premières secondes,
on s’aperçoit que Rurutia a changé
de matériel de production, nous
offrant ainsi un son plus travaillé,
plus électro, délaissant le coté
pop/rock des albums précédents. La
composition est très efficace, le
refrain est excitant et entraînant.
Cette superbe chanson résume si bien
l’univers de Rurutia, que s’il
fallait n’en garder qu’une, on
opterait sans aucun doute pour ce
titre. Les seuls petits bémols que
l’on pourrait reprocher à cette
chanson sont la sensation d’inachevé
que donne le fondu final, ainsi
qu’une créativité tout de même à la
baisse par rapport à un [Abintra].
Piste 2, [Silent Prayer]
Deuxième titre inédit, il confirme
la nouvelle optique prise par
Rurutia pour ce nouvel album. Il
s’agit d’un titre pop/électro très
planant, saturé de sonorités en tout
genre et mariant formidablement
violons synthétiques et de très
nombreuses percussions électro. Ici
encore, point de guitare électrique
ni acoustique, Rurutia accentue son
coté mystique par des sons plus
avant-gardistes. Cette chanson très
réussie marque l’évolution du style
de l’artiste. Je lui reprocherais
juste un refrain un peu en deçà des
couplets qui sont eux très réussis,
problème que l’on retrouve aussi sur
le titre [Signal] de l’album
[Meme].
Piste 3, [Opus] C’est avec
plaisir que l’on retrouve ce titre
sorti deux ans plus tôt. Il s’agit
d’un air pop et entraînant reposant
sur une composition bien rodée et
efficace. Rien de bien nouveau sur
ce point, mais l’on remarque une
légère évolution depuis
[Chorion],
notamment au niveau des
arrangements. Là où précédemment
présidait une percussion type
batterie inélégante qui rythmait
toute la chanson, l’on trouve ici
une discrète percussion électro, à
la limite de la basse qui donne de
l’ampleur et ne nuit pas à la
mélodie. Cette ampleur est renforcée
par de nombreux violons samplés,
discrets et efficaces, ainsi que par
la présence d’un piano sur les
couplets, chose plutôt rare chez
Rurutia sur ce type de chanson. Un
mot sur le passage instrumental,
comme toujours magnifique et
inattendu, où les arrangements se
réduisent alors à un clavier et une
discrète percussion électro…
émouvant et réussi. Cette chanson
prend sa place avec cohérence sur
cet album pour le moment plutôt
efficace.
Piste 4, [Aurora Hikou] voici
la troisième chanson inédite de cet
album. Il s’agit d’une
grandiloquente et sombre ballade à
l’univers très marqué. Les
arrangements y sont excellents et
plutôt originaux pour Rurutia, son
nouveau synthé aux samples inédits
s’en démarque franchement. Cette
débauche d’arrangements donne une
ambiance unique et très spécifique à
l’univers de Rurutia. Mais… le
problème majeur de ce titre est la
pauvreté de la composition… En
effet, elle manque d’efficacité, de
mélodie et les enchaînements sont
parfois trop surfaits, voir pas très
agréables. Dommage, vu la qualité
des arrangements ! Rurutia a-t-elle
mis le paquet dans les arrangements
pour masquer une composition fragile
? C’est fort possible. Cependant
cette chanson marque l’album grâce à
son ambiance intéressante et un
final excellent.
Piste 5, [Ryukou] On retrouve
avec joie ce titre qui, d’une part,
tranche avec la chanson précédent
par son efficacité redoutable, puis
marque un retour vers une chanson
pop/rock/électro. Après une intro à
violons qui rappelle le style
oriental, on entend des couplets
arrangés avec uniquement une
percussion électro et une basse.
L’effet est intéressant et nouveau
pour Rurutia. Quant au refrain, il
compense avec une débauche de
guitare électrique, de violons et de
chœurs qui se mélangent à des
percussions graves. Ce titre est
d’une efficacité à toute épreuve
grâce à son refrain fort et
entraînant. Bref une grande réussite
!
Piste 6, [Muyuu Uta], Cette
ballade m’avait un peu déçu lors de
sa sortie dans le mini-album [Hyousa],
cependant, la composition reste un
peu ringarde et semble avoir été
entendue des millions de fois ; le
ton est joyeux et simpliste. Les
arrangements ne sauvent pas
l’ensemble, puisqu’on retrouve un
clavier, des violons, une guitare et
une affreuse percussion qui,
alourdissant l’ensemble, gâche la
mélodie de toute façon trop faible.
Pourtant, elle prend place dans cet
album avec cohérence et après
plusieurs écoutes, devient presque
sympathique. Pas indispensable, mais
finalement agréable.
Piste 7, [LAST DAY], Cette
nouvelle chanson inédite commence
très mal, son introduction est
abominable ! Je pèse mes mots… C’est
affreusement cheap, mal fait et
dissonant… Mais heureusement que le
reste du titre est charmant ! En
effet il s’agit d’un titre pop/rock
très agréable, bien composé et
arrangé avec simplicité mais qualité
(clavier, batterie, violon). On sent
que sur cette partie de l’album
Rurutia abandonne le coté mystique
pour des chansons plus classiques,
plus légères et allègres.
Finalement, malgré son intro
horripilante, ce titre est une
petite perle d’efficacité. Un bon
Rurutia.
Piste 8, [Hyousa] Tout a déjà
été dit sur cette superbe ballade.
Elle commence par des chœurs sur un
clavier ; puis, la chanson
s’installe, très douce, avec une
discrète guitare et des violons
samplés. Passé le premier couplet,
le refrain peut surprendre. Il créé
d’une part une cassure avec le reste
de la chanson ; d’autre part, il est
arrangé avec une percussion plutôt
inutile. Le schéma d’opposition
rythmique se répète par la suite
avec un refrain saturé
d’arrangements, alors que les
couplets restent doux et simples. La
chanson est assez courte et ne
laisse pas le temps à l’ennui de
s’installer. Elle se termine sur les
même chorus qu’au commencement.
C’est au final une très jolie
ballade qui garde le style de
Rurutia tout en souffrant
malheureusement d’un refrain
inutilement alourdi.
Piste 9, [Yume Hotaru] Cette
chanson un est un peu particulière :
elle hésite sans cesse entre le
pop/rock et le mystico électro de
Rurutia. Les arrangements varient
étonnamment entre les couplets et
les refrains… A force d’affirmer son
style, cette chanson finit par
devenir un brouhaha décousu de
sonorités dissonantes. Malgré sa
composition un peu poussive, Rurutia
ne sauve pas ce titre de l’ennui. Il
paraît bien fade comparé au reste,
malgré quelques bons passages.
Dommage.
Piste 10, [VOID] Il y a du
laisser-aller sur cette fin d’album…
En effet cette longue chanson est
d’un ennui mortel ! Elle ressemble à
l’excellent titre [Shine],
avec des arrangements plus stylés
mais une composition brouillonne qui
manque cruellement de cohérence et
d’efficacité. De plus,
l’interprétation dans les aigus de
notre amie est rapidement énervante…
C’est bien dommage car ce titre
possède un univers intéressant et
des arrangements plutôt intéressant
à base de nappe et de sons divers et
variés… Il s’agit pour moi de la
chanson la moins agréable de
l’album.
Piste 11, [Hoshi to Hane] Ce
titre final laisse place à la
musique plutôt qu’au chant. Cette
chanson est surprenante, Rurutia y
chante un air avec de l’écho sur des
arrangements aériens, mêlant petites
percussions et synthé pour donner
une ambiance cosmos rappelant la
très belle chanson [Jiezru]
de l’album [Promised
Land].
Puis, au beau milieu de la chanson,
on assiste soudain à un long passage
instrumental au piano, avec un
grésillement comme un vieux film ou
un vinyle ; ce passage est vraiment
beau et émouvant. Enfin, le retour
de la partie chantée referme cette
piste dans un tourbillon d’écho et
de sonorité, se terminant sur un
long fondu d’une sourde percussion
qui s’éloigne… Sublime. Oui, mais
c’est vraiment dommage que cette
chanson ne soit pas inédite et gâche
ainsi la découverte des finales
toujours grandiose des albums de
Rurutia. On a eu le même problème
sur [Chorion]. Il aurait été plus
judicieux que ce titre ne soit pas
présent sur le mini album [Opus]…
Malgré tout ce titre reste une
excellente chanson de clôture.
BILAN :
Pour conclure, ce sixième opus de
Rurutia est clairement bon et
cohérant. L’on y retrouve l’univers
de l’artiste et quelques petites
nouveautés appréciables, en
particulier des arrangements
nouvellement explorés. Les chansons
s’enchaînent avec logique et sont
suffisamment variées pour éviter
l’ennui. Je pense que cet album est
meilleur que [Chorion]
et prend place dans la continuité de
l’artiste qui progresse doucement
mais sûrement. Cependant, on sent
que Rurutia n’est pas encore très à
l’aise avec son nouveau synthé et
est encore au stage des
expérimentations, ce qui laisse
envisager le meilleur pour la suite.
J’espère que Rurutia travaillera
plus ses compositions pour son
prochain album et ne les compensera
pas par une débauche excessive
d’arrangements qui au final aggrave
plus la pauvreté de certaines
mélodies qu’elle ne les améliore.
Malgré quelques petites faiblesses,
cet album est à posséder pour les
fans et constitue un intéressant
point de départ pour les néophytes.
Concernant l’avenir, l’attente d’une
nouvel sortie de Rurutia risque
d’être plus longue que prévu (8 à 10
mois habituellement) car Rurutia m’a
confié avoir énormément travaillé
sur cet album et ça n’a pas été
facile. Elle prendra donc des
vacances bien méritées pour revenir
en forme. N’espérez pas entendre
parler d’elle avant 2010 !
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