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Mi-2007,
on assiste au retour inattendu de
Rurutia sur un autre format ; en
effet le single attendu se
transforme en mini album. Rurutia
nous explique son choix par un
cadeau aux fans. Au programme 3
nouvelles chansons, 3 nouvelles
versions d’anciennes chansons et 2
pistes instrumentales music box
reprenant les deux titres
principaux. Les trois chansons
reprises ont été sélectionnées aux
trois périodes clés de la
discographie de Rurutia ; l’on
trouve son tout premier single [Itoshigo
yo],
la magnifique chanson Arabesque de
l’album [Promised
Land]
et une chanson de son premier album
indie et dernier en date [Chorion]
avec [Mizu Keshiki Hoshi Moyou].
Le titre de l’album est Opus
qui est aussi le nom de la chanson
d’ouverture, une première, mais
gardons à l’esprit qu’il s’agit d’un
maxi single déguisé en mini album.
Piste 1 ; [Opus
],
Une chanson de type single est
attendue pour commencer. En effet,
on retrouve un air pop et entraînant
sur une composition bien rodée et
efficace. Rien de bien nouveau sur
ce point, mais l’on remarque une
légère évolution depuis
[Chorion],
notamment au niveau des
arrangements. Là ou sur l’album
précédent ont trouvait une
percussion type batterie inélégante
qui rythmait toute la chanson, l’on
trouve une discrète percussion
électro, à la limite de la basse qui
donne de l’ampleur et ne nuit pas à
la mélodie. De plus, cette ampleur
est renforcée par de nombreux
violons samplés discrets et
efficaces et par la présence d’un
piano sur les couplets, plutôt rare
chez Rurutia sur ce type de chanson.
Un mot sur le passage instrumental
qui est comme toujours magnifique et
inattendu, les arrangements
deviennent alors minimalistes avec
un clavier et une discrète
percussion électro… émouvant et à sa
place. Bref, Rurutia reste fidèle à
elle-même sur ce premier titre tout
en perfectionnant ses arrangements.
Piste 2 ; [Ryukou
],
Un peu de nouveauté pour ce nouveau
titre, il s’agit d’une chanson
pop/rock très efficace, Après une
intro à violons qui rappelle le
style oriental, on assiste à des
couplets arrangés avec uniquement
une percussion électro et une basse.
L’effet est intéressant et nouveau
pour Rurutia, le refrain compense
avec une débauche de guitare
électrique, de violons et de chœurs
qui se mélangent à des percussions
graves. L’effet est réussi et
surprenant de la part d’une Rurutia
qui évolue très lentement. Difficile
de comparer avec la chanson
précédente, les arrangements sont
probablement moins intéressants et
plus basiques, mais l’efficacité est
redoutable et l’effet « nouveauté »
lui rend bien service.
Piste 3 ; [Mizu Keshiki Hoshi
Moyou (Ballad Ver.)], Après les
chansons pops, voici les ballades.
Il s’agit d’une version très épurée
de cette chanson de l’album
[Chorion].
Pour seul arrangement nous avons
droit à un clavier type xylophone
avec écho, et contrairement à la
première version très brouillonne
aux arrangements pas toujours très
subtils (une copie du titre [Lost
Butterfly]),
la mélodie prend enfin tout son
sens. L’impression de pureté et la
douceur de la voix de Rurutia
donnent une nouvelle vie à cette
chanson un peu oubliée.
Piste 4 ; [Itoshigo yo (Ballad Ver.)
],
Voici la nouvelle version du tout
premier single de Rurutia. Une
entreprise ardue vu la qualité de la
version originale… Mais Rurutia a su
donner une nouvelle dimension à ce
titre. Là où la première version
était arrangée très pop rock avec
guitare et batterie, Rurutia opte
pour les violons et les percussions
électro et je dois dire que le
résultat est sensationnel. Les
arrangements où se mêlent de très
nombreuses percussions sont ciselés
avec talent et goût et conservent
l’efficacité de la mélodie
originale. Je pense ne pas trop
m’avancer en affirmant que cette
nouvelle version est meilleure que
la précédente, les arrangements sont
plus originaux et l’interprétation
moins murmurée et plus naturelle,
jouant sur l’émotion.
Piste 5 ; [Arabesque
(Ballad Ver.)
],
Cette chanson de l’album [Promised
Land],
et sans doute l’une des plus
représentative du style de Rurutia
avec une composition cadrée et
efficace, des arrangements pop/rock
tendance électro et une voix douce
et murmurée qui résonne. Cette
ballade version peu surprendre vu
que la guitare et les percussions ne
sont pas de la partie, Rurutia
sublime cette mélodie avec un
piano-voix émouvant et doux, rejoint
par quelques violons dans les
derniers refrains. Une grande pureté
se dégage de cette interprétation
qui malgré l’éloignement de
l’original conserve la beauté de la
mélodie.
Piste 6 ; [Hoshi to Hane],
cette dernière chanson ressemble
beaucoup à une composition de fin
d’album, laissant place à la musique
plutôt qu’au chant. La chanson est
surprenante, Rurutia chante un air
avec de l’écho sur des arrangements
aériens, mêlant petites percussions
et synthé pour une ambiance cosmos
rappelant la très belle chanson [Jiezru]
de l’album [Promised
Land].
Puis, au beau milieu de la chanson,
on assiste soudain à un long passage
instrumental au piano, avec un
grésillement comme un vieux film ou
un vinyle ; ce passage et vraiment
beau et émouvant. Puis le retour de
la partie chantée referme cette
piste dans un tourbillon d’écho et
de sonorité, se terminant sur un
long fondu d’une sourde percussion
qui s’éloigne… Sublime.
Piste 7 ; [Opus (Music Box)] ;
En guise de Bonus, Rurutia nous
offre des versions music box. On
commence avec la chanson titre. Les
arrangements sont minimalistes mais
très bien conçus. Il s'agit donc
d'une sonorité de boîte à musique
avec de l’écho, mais Rurutia a
rajouté une ambiance de grotte, on
entend dans un écho des gouttes qui
tombent dans un lac souterrain.
L’effet est intéressant et donne une
ampleur particulière et émouvante.
Piste 8 ; [Ryukou (Music Box Ver.)],
Même constat que la piste
précédente, la chanson est reprise
avec des arrangements de boîte à
musique, mais l’ambiance de grotte
et de lac souterrain se transforme
en une nuit de pluie en été qui
tombe et ruisselle. Le résultat et
vraiment admirable et inédit pour
Rurutia. Bien que tout comme la
précédente chanson, la voix de
Rurutia aurait vraiment donné sur
ces versions musix box.
BILAN
Avant tout, il faut partir du
principe que ce mini album est un
maxi single qui devait contenir les
deux premières pistes, et si l’on
exclu la troisième chanson, le reste
est un bourrage. En effet ce mini
album n’a pas le travail et la
qualité d’un album complet (avec la
fameuse piste d’ouverture). Partant
de là, le résultat est séduisant ;
les deux pistes pops sont très
réussies et efficaces, bien que rien
de vraiment nouveau (sauf peut-être
[Ryukou] qui surprend
un peu). Mais les arrangements sont
plus subtils et mieux finis que
précédemment. Si l’on doit comparer
l'ensemble aux trois derniers
singles, il est équivalant voir
supérieur a [Spinel]
et [Hohoemi
no Maria],
mais tout de même en deçà du superbe
[Reirei
Tenohira].
Concernant les trois versions
ballades, elles sont toutes sublimes
et constituent un remplissage
indispensable et réussi. L’ultime
chanson est un OMNI (Objet Musical
Non Identifié) digne des fins
d’albums dont Rurutia est capable.
Les versions music box sont très
agréables et continuent un bon
moment de cet album. Au final un
album à posséder pour son ensemble
de qualité et de cohérence, aucune
chanson n’est à jeter. On pourrait
juste lui reprocher un manque de
nouveauté mais il s’agit vraiment
d’un cadeau fait aux fans, alors
pourquoi s’en priver ?
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