|
Rurutia
surprend à nouveau et continue dans
le format mini album avec
[Hyousa],
10 mois après le plutôt bon
[Opus].
Au programme, seulement 2 nouvelles
chansons, leurs 2 versions music box
et 4 nouvelles versions d’anciens
titres, tout comme le précédent mini
album. Ce format est en fait un
single, déguisé en mini album, pour
un prix légèrement plus élevé.
Rurutia nous fait plaisir en
reprenant des chansons en versions
ballades. Il s’agit pour certains de
remplissage, mais c’est pour
d’autres un cadeau fait aux fans.
Quoi qu’il en soit, on ne peut
qu’être admiratif devant la cover :
superbe photo dans les tons bleus.
Certes on retrouve le style
classique de Rurutia, mais l’effet
est là. Le hic c’est que ce mini
album ne comporte que des ballades.
Ce n’est pas que Rurutia n’a pas de
talent pour les ballades car, au
contraire, tout au long de sa
discographie, bien que rare, Rurutia
nous a offert de superbes ballades…
Mais elle brille aussi dans des
titres plus rock, électro et surtout
très rythmés… De plus, une
succession de ballades peu
rapidement ennuyer, surtout avec la
voix de Rurutia qui peut être très
lassante au fil de l’écoute.
Piste 1, [Hyousa
]
L’album s’ouvre sur une superbe
ballade qui commence par des chœurs
sur un clavier ; puis, la chanson
s’installe, très douce, avec une
discrète guitare et des violons
samplés. Passé le premier couplet,
le refrain peu surprendre. Il créé
d’une part une cassure avec le reste
de la chanson ; d’autre part il est
arrangé avec une percussion plutôt
inutile. Le schéma se répète par la
suite avec un refrain saturé
d’arrangements, alors que les
couplets restent doux et simples. La
chanson est assez courte et ne
laisse pas le temps à l’ennui de
s’installer. La chanson se termine
sur les même chorus qu’au
commencement. C’est au final une
très jolie ballade qui garde le
style de Rurutia tout en souffrant
malheureusement d’un refrain
inutilement alourdi.
Piste 2, [Muyuu Uta] Encore
une ballade… Mais là où le titre
précédent gardait le style et
l’univers de Rurutia, l’on tombe ici
dans le classicisme et le
consensuel. La composition est
quelque peu ringarde et semble avoir
été entendue des millions de fois ;
le ton est joyeux et neuneu. Les
arrangements ne sauvent pas
l’ensemble, puisqu’on retrouve un
clavier, des violons, une guitare et
une affreuse percussion qui,
rythmant l’ensemble, gâche la
mélodie de toute façon stérile.
C’est kitsch, c’est cheap, c’est
ultra réchauffé, totalement indigne
de Rurutia et rappelle les ballades
ratées de l’album
[Meme].
Mis à part quelques chorus
plaisants, il n’y a rien de bien
intéressant à se mettre sous la
dent.
Piste 3, [Opus
(Ballad Ver.)
]
J’avoue que la reprise du titre
principal du mini album [Opus]
ne m’enchantait guère, mais le
résultat est vraiment sensationnel,
au point de faire de cette chanson
la meilleure de l’album. Le titre
débute par une intro au clavier,
rejoint rapidement par des chorus de
toutes beautés ; puis, la chanson
s’installe. Profitant de la qualité
et de l’efficacité de la composition
originale, Rurutia brille sur des
arrangements aériens et limpides
dépourvus de percussions… Le refrain
est également une réussite ; il est
puissant grâce à de nombreux chorus
et une percussion discrète qui donne
de l’ampleur à l’ensemble. Bref, on
est transporté du début à la fin
dans le petit monde de Rurutia…
magique !
Piste 4, [Gin no Honô (Ballad
Ver.)] Reprendre une ballade, en
ballade, est un exercice difficile
mais aussi inutile… Rurutia reprend
une très belle ballade de son
premier album, [R°],
mais, mis à part la très belle intro
où Rurutia susurre quelques chœurs,
la chanson ressemble beaucoup à
l’originale… J’accorde quand même
que l’apparition du clavier et de
violons donne un aspect plus
mélodieux à la chanson. On retrouve
également de très belles percussions
dans le refrain, bien dosées pour
une fois car elles ne gâchent pas la
mélodie… La chanson se termine en
beauté. Même si cette version est
meilleure que la précédente, il ne
s’agit que d’une simple mise à jour
dont l’intérêt et l’utilité sont en
somme assez vains.
Piste 5, [Hoshi no Tamashii (Ballad
Ver.)] Quelle bonne idée de
reprendre une ballade ratée et
fadasse, surtout en supprimant ses
défauts majeurs ! Le principal
travers de cette chanson était
l’usage excessif d’une horrible
percussion qui bousillait la
mélodie. Ici elle disparaît au
profit d’un piano et d’une très
discrète percussion habilement
dosée. L’ensemble est bien plus
homogène que la version de [Water
Forest]
et au final on passe un très bon
moment sur cette courte mais
mignonette ballade.
Piste 6 : [Reirei Tenohira (Ballad Ver.)
] On retrouve sans doute l’un des
meilleurs titres de Rurutia depuis
sont passage en indie, sorti en
single puis dans l’album [Chorion]
en 2006. Le résultat est intéressant
puisqu’il reprend exactement la
démarche de la version ballade du
titre [Opus],
sauf que, contrairement à ce
dernier, la version originale du
titre est tout de même plus
intéressante. Ici fini les
percussions électro et la grosse
guitare électrique. Tout se passe
avec des claviers, des violons et
beaucoup d’écho. Ceci dit, le
résultat est propre, sans fausse
note et constitue un bon moment,
même si l’on adule la première
version. On redécouvre ce titre avec
une profondeur différente et un
rythme plus lent et posé. Encore une
fois, rien de particulier à redire
sur ce travail.
Piste 7, [Hyousa (Music Box Ver)]
Rurutia reprend l’idée inspirée dans
son mini album [Opus],
car en guise de bonus nous
retrouvons les 2 chansons titres
reprises en version boîte à musique.
Et comme précédemment, Rurutia
rejoue la mélodie avec un fond
sonore particulier. Pour ce titre,
Rurutia a choisi une ambiance de
tempête avec un vent glacial qui
souffle sur les mignonettes notes de
la boîte à musique. L’ensemble est
charmant et mérite sa place dans cet
album bien qu’on soit toujours
frustré que ces ne versions soient
qu’instrumentales. C’est ce qui en
fait aussi le charme et qui permet
de se focaliser sur la mélodie qui
est le point fort de ce titre plutôt
émouvant.
Piste 8, [Muyuu Uta (Music Box Ver.)
]
Supprimer tous les arrangements de
ce titre au profit d’un son de boîte
à musique et d’une ambiance de bord
de mer (avec les vagues qui
délicatement se brisent sur la
plage), le rend tout d’un coup bien
plus intéressant. La mélodie passe
bien mieux et au final on passe un
bon moment entre légèreté et beauté…
Tout s’exprime dans la douceur,
l’optimisme et le raffinement…
Finalement un titre au premier abord
inintéressant peut avoir quelques
ressources !
BILAN :
Pour conclure, je dirais que l’on
ressort un peu frustré de ce mini
album. Les inédits sont un peu
légers et irréguliers, car si le
titre [Hyousa]
est charmant, la piste suivante [Muyuu
Uta] est franchement un
naufrage… Les versions ballades sont
toutes réussies avec un coup de cœur
pour le titre [Opus (Ballad Ver.)]
qui me paraît encore meilleur que
l’original et est sans doute le
meilleur titre de l’album. Rien à
redire sur les autres versions,
l’ensemble a du goût. Les versions
boîtes à musique sont toujours aussi
leur beauté, trop de ballades tue la
ballade. On ne trouve dans cet album
aucun titre pop-rock ou électro qui
constitue les 3/4 de la discographie
de Rurutia et aussi son succès. Cet
album est donc trop lent par rapport
à son style, alors qu’on sent
qu’elle manque en plus
d’inspiration… On ne peut donc
qu’espérer que Rurutia fasse une
petite pause après ce mini album
afin de se reprendre et retrouver du
souffle.
|